Via tout un ensemble de méthodes légales, mais pas forcément morales, il est tout à fait possible de baisser très nettement le prix de fabrication des compléments alimentaires pour la musculation.

Voici quelques solutions qui permettent à certains fabricants de baisser le prix de leurs compléments alimentaires et de proposer des protéines pas chères. Bien sûrs, tous ne font pas ça, et encore moins toutes ces méthodes en même temps.

Astuces pour baisser les prix

Jouer sur la date du produit

Cette première astuce est vraiment hallucinante : quand une matière première (protéine par exemple) approche de sa date de fin, il suffit d’y ajouter un arôme pour que sa relance automatiquement une date toute neuve. Trois avantages énormes à cette méthode :

– Eviter de jeter de la matière première ; Plus la matière première est stocké longtemps chez le fabricant et plus son prix baisse. Mais sa qualité aussi, car elle se dénature avec le temps ;

– Parfois le prix peut même être nul ou négative : en effet ça coûte moins cher de donner la matière première que de la mettre en déchetterie.

La qualité de la matière première

Comme nous l’avons vu l’article sur les hauts et protéines laitières ou fromagères, produire de la protéine laitière coûte bien plus cher. Cela se ressent forcément sur le prix de la matière première :

– Prot dénaturée : pas cher 6-10€ / kg

– Protéine native : au moins 2 à 3 fois plus cher

– Vielle matière première, produite dans des periodes de surproduction agricole par exemple : 2,5€ le kilo !

Attention, ici on parle bien sûr du prix de la matière première brute, et non pas de la protéine qu’on trouve au final dans le commerce : il faut ensuite rajouter les frais de transport, de transformation, les ingrédients qui sont ajoutés, ainsi que l’emballage.

Le spiking !

C’est un grand classique, utilisé par de très nombreuses marques, qui profitent d’un « trou » dans la législation.

Le test pour déterminer la teneur en protéines d’un complément alimentaire pour la musculation calcule en réalité la quantité d’azote présente. On ne vérifie donc pas s’il s’agit de vraies protéines entières et complètes, mais simplement s’il y a de l’azote. Qu’une protéine soit native ou non, dénaturée ou non, complète, prédigérée, ou que ce soit simplement des acides aminés libres, le résultat du test sera le même. Et parfois, il peut même être amélioré !

Il est donc possible de mettre des protéines de mauvaise qualité, mais aussi de les compléter en utilisant des ajouts d’acides aminés pas chers. Cela permet de gonfler artificiellement le taux de « protéines » que vous pourrez fièrement afficher sur l’étiquette.

Par exemple, ajouter 1gr de la glycine revient pour le test à ajouter 1,2gr de protéines ! Et la glycine coute 3 à 4 fois moins chère que de la whey.

Le vol !

En mettre moins dans les pots :

– Faux dosage : cela revient tout simplement à mentir aux consommateurs, en annonçant une composition et des ingrédients qui ne seront pas dans les quantités annoncées. C’est malheureusement plus fréquent ce qu’on pourrait penser, comme nous en parlons dans la vidéo que vous pouvez voir ci-dessous :

 

– Faux poids ou manque de gélules : certaines marques diminuent volontairement la quantité de produits fournis au consommateur : au lieu d’avoir 150 gélules, vous n’en aurez que 140 par exemple. Au lieu d’avoir 1 kg de protéines en poudre, vous en aurez que 900 g.

Le goût et le mélange :

Produire un complément alimentaire pour sportif qui a bon goût et qui se mélangent bien un coût : il faut travailler longtemps, et utiliser les bons ingrédients, pour réussir parfaitement sur ces deux points.

Certaines marques utilisent par exemple des arômes naturels, et d’autres des arômes synthétiques. Clairement les arômes naturels sont bien plus chers.

D’autres marques quand à elles font carrément le choix de n’ajouter aucun ingrédient pour faciliter le mélange du produit. Cela permet de baisser les coûts, mais ça ne facilite pas l’usage pour les sportifs que nous sommes au moment de boire notre shaker à la fin de la séance de musculation.

Le volume d’achat :

Comme dans tous les commerces, le volume d’achat permet lui aussi de réduire les coûts. Plus vous achetez de matière première d’un coup, et plus vous vendez de suppléments, et plus vous pouvez baisser vos prix d’achat et donc de vente. Là il n’y a rien à redire, c’est une stratégie de production tout ce qui est de plus normal.

Les tests, les normes et les certifications :

Comme expliqué dans l’article «Normes, process qualité et certifications »,  suivre des normes et des process, faire tester ces produits, et faire certifier sa production permet d’assurer aux clients une qualité maximale. Par contre, cela a un coût évident, qui impliquerait par la suite de vendre le compléments alimentaire plus cher.

De nombreuses marques font donc l’impasse sur tout ce qui n’est pas obligatoire.

Le marketing :

En se passant de marketing, donc sans faire de publicité, sans sponsoriser d’athlète, sans faire de programmes d’affiliation ou autre, on peut clairement diminuer le prix final du produit. En effet, ce type de dépenses peut parfois représenter un pourcentage non négligeable du prix de votre complément alimentaire !

ATTENTION

Le prix de vente final est pas le seul critère à prendre en compte, car les marques peuvent produire pas cher mais vendre cher quand même … pour augmenter leurs marges !

Il est donc tout à fait possible de vendre cher un produit bas de gamme. À l’inverse, il est bien plus compliqué de vendre pas cher un produit très hauts de gamme, avec une matière première de qualité et ayant toutes les certifications, au vu du coût que cela engendre.

Vendre à perte et gagner de l’argent !

Pour les très grands groupes, il existe une méthode qui permet de vendre sans marge ou à perte, mais de gagner quand même de l’argent ! Et en plus c’est une méthode légale, et très simple à comprendre :

– Délais de paiement de la matière : 3 mois

– Vente du stock : 1 mois ( entre le moment où vous achetez la matière première, et le moment où le produit final a été rendu aux clients )

Grâce à ses délais de paiement différé, vous vous retrouvez avec deux mois de liquidités. C’est-à-dire deux mois de trésorerie que vous pouvez placer sur les marchés financiers, pour les faire fructifier. Si vous êtes un très grand groupe, cela peut représenter des millions d’euros.

En utilisant cette méthode, vous pouvez donc faire des bénéfices, rien qu’en jouant sur les délais de paiement, et sans même prendre en compte la marge potentielle des compléments alimentaires pou sportifs que vous vendez. Pour faire simple, les clients vous servent de banque pour avoir de la trésorerie pour faire des placements !

C’est une méthode qui permet donc de maximiser les bénéfices, mais aussi potentiellement de s’imposer sur le marché, en cassant les prix, pour nuire à ses concurrents, tout en pouvant continuer quand même à avoir des bénéfices.